Prochains numéros

Septembre 2017


N° 140 PROTESTER, CONTESTER, CONSTRUIRE

Sous presse


Attention : le N° 140 sur L’ART ET LE POUVOIR est transféré au N° 145 à paraître en mars 2019.


Partager une régulation de la vie en commun implique une harmonie qui ne va pas de soi et passe par la recherche d’accords souvent difficiles à réaliser, toujours à renouveler. À  l’inverse, lorsqu’il est imposé par la force, l’ordre  produit un désordre réactionnel sous la forme d’une  contestation qui peut se développer en révolte. Parallèlement s’instaure pour un temps un figement stérile et destructif voire la perte de confiance dans les  vertus du dialogue. Cette situation, que les sociétés  connaissent bien dans les groupements grands et petits, la psychanalyse en propose une approche dynamique au niveau interindividuel dans le couple et dans la famille. On  confrontera rapprochements et différences à cet égard  entre la protestation ponctuelle, la contestation du bien  fondé d’un état de fait qui ne convient plus aux  protagonistes et la manière dont un ordre, toujours mobile  s’il veut demeurer vivant, peut néanmoins être  construit.


Sophie de Mijolla-Mellor



Décembre 2017


N° 141 CONFLITS INTERINDIVIDUELS OU SOCIAUX ?

Réception close, textes en Comité de lecture


L’attraction intime qui pousse les êtres à se saisir, se détruire, s’absorber, se dévorer puis, après s’être unis, à se manifester à nouveau sous une autre forme, est-elle de même nature que celle qui fait tenir ensemble les individus qui composent un groupe et une société ? La force serait la même à en croire les philosophes et les psychanalystes : celle qui pousse la monade originelle ou l’androgyne des commencements à y retrouver enfin sa moitié et ainsi à se livrer aux joies de la complétude. Oui, mais voilà, la prolongation indéfinie du Même, si elle était possible ressemblerait beaucoup à une homéostase figée pour l’éternité, une sorte de mort ou du moins l’idée que l’on s’en fait au paradis… Le risque, le changement, la vie, il va falloir que le couple, singulier ou élargi, les reconstitue dans la quotidienneté intranquille. Le monde extérieur, exclu dans un premier temps, pourra alors s’avérer très utile. Tout d’abord, dans la mesure où il lui permet de ressouder une unité contre l’extérieur dans la connivence voire la complicité mais aussi dans la solidarité contre une éventuelle adversité. L’art de la dispute qui rétablit un peu de distance, répond à la crainte que la monade ne puisse se fissurer dangereusement mais il offre à la fin l’incomparable plaisir du retour du Même que l’on avait un instant cru perdre… On ne comprendrait pas autrement pourquoi les couples et les groupes voire les sociétés passent tellement de temps et usent tant d’affect sur des discussions parfaitement futiles, véritables jeux agonistiques dont la fonction est avant tout de s’assurer qu’il y a bien deux entités différentes et non pas une seule avec les risques mortifères que cela entraînerait. Le narcissique au contraire, grâce à son auto-suffisance, n’a pas besoin de cet apport externe Mais pas plus les individus que les groupes ne peuvent vivre en autarcie. Pourtant la nécessité de se récupérer soi-même par le biais d’un objet extérieur auquel vous lie une relation est bien évidemment une issue potentiellement dangereuse. Elle implique que les forces destructrices tournées vers le Moi n’aient pas pu être négociées autrement qu’en les faisant assumer par un objet extérieur, qui permet de vivre parce qu’il risque, à tout instant, de tuer. Avec l’ambition d’aborder la question des conflits interindividuels et sociétaux à partir d’une commune approche métapsychologique, et faisant suite au numéro 140, « Protester, contester, construire », Topique n° 141 explore cette même thématique et la manière dont la reconstruction permanente du lien assure que sujets et sociétés puissent entrer dans une relation vivante.


Sophie de Mijolla-Mellor



Mars 2017


N° 142 L’ANIMAL DE COMPAGNIE

Date limite de réception des textes 15 novembre 2017, parution 15 mars 2017


Du Bellay, Baudelaire, Balthus, Colette et bien d’autres ont dit leur fascination pour les chats. Freud y a vu un modèle pour le narcissisme et a passé la fin de sa vie accompagné de son chien. Qu’est-ce que ces auteurs recherchaient et trouvaient dans cette proximité et nous-mêmes, qu’attendons-nous de nos animaux de compagnie auxquels nous accordons une part importante de nos investissements alors même qu’ils ne sont d’aucune utilité pratique et s’avèrent souvent source de divers tracas ? Ce numéro de Topique, auquel collaborent éthologues, vétérinaires, psychosociologues et psychanalystes, ne se donne pas pour objectif une interrogation sur la psyché animale et moins encore un questionnement sur les modèles animaux qui régissent aussi la nôtre mais tente d’analyser à partir de la pratique clinique le désir humain d’être en compagnie d’un animal privilégié. Le partage qui s’établit alors est complexe et lourd d’enjeux surtout si l’on considère qu’il s’agit d’engagements qui vont durer jusqu’à parfois deux décennies. Cependant l’assemblage humain/animal, objet d’attentes idéales, n’est pas pour autant toujours idyllique. Les passions agitent souvent les protagonistes jusqu’à y partager voire y échanger diverses pathologies psychiques et somatiques. Quant à la mort de l’animal, accidentelle ou décidée par euthanasie, elle met le sujet face à l’obligation d’un authentique travail de deuil qui n’est pas toujours entendu par l’entourage.


Sophie de Mijolla-Mellor



Juin 2018


N° 143 LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES 

Date limite de réception des textes 15 février 2018, parution 15 juin 2018


Dans ce numéro de Topique sont réunis des textes autour des différentes formes de violence faites aux femmes: viol, violences conjugales, harcèlement, excision en Afrique, avortements forcés en Inde, esclavage sexuel, traite des femmes, crimes d'honneur en Turquie, etc. Ces problématiques de santé publique répertoriées par l'ONU et l'OMS nécessitent des systèmes d'aide et de prévention spécifiques. La psychanalyse amène à penser cette question à travers le vécu subjectif des femmes et des hommes reçus en consultation, à s'interroger sur l'enjeu sexuel commun à toutes ces violences, au sens que l'on peut donner à l'attaque du féminin ou à une éventuelle « pulsion d'emprise » spécifiquement masculine. Mais la définition des pulsions sexuelles obéit-elle à des logiques différenciées selon le genre  des individus? Il s'agira à la fois de questionner les enjeux psychiques des violences faites aux femmes, et leurs incidences en termes de traumatismes psychiques, de séduction ou d'aménagements pervers. Les textes sont donc invités à illustrer une réflexion pluridisciplinaire (anthropologie, psychanalyse, philosophie, histoire), autant d'approches qui permettront d'analyser les significations que peut revêtir l'expression de la domination d'un sexe sur un autre.

 

 Sophie de Mijolla-Mellor

 



Septembre 2018


N° 144 RECONNAÎTRE LES DOMMAGES LIÉS À LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE

Date limite de réception des textes 15 avril 2018, parution 15 septembre 2018


L'expert psychiatre ou psychologue est un auxiliaire de justice qui doit présenter ses conclusions et observations selon des principes juridiques. Un parallèle est intéressant à faire avec la situation des médecins qui travaillent au sein des MDPH et sont amenés à analyser une situation de handicap, selon les modalités définies par la loi sur le handicap de 2005 (loi Chirac). Ces situations correspondent à de nouveaux champs d'intervention qui dépassent les catégories psychiatriques traditionnelles. Comment s'organisent ces champs d'intervention ? À quels dilemmes et/ou impasses sont confrontés ces médecins, auxiliaires d'un système d'assistance sociale ? Ce numéro de Topique proposera donc  un questionnement sur l'argumentation psychopathologique de l'expert qui renvoie la cause du dommage non pas à l'accident mais à la victime et son fonctionnement personnel antérieur à l’accident. Un médecin psychiatre en expertise travaille sur du déclaratif, ce qui implique une marge d'erreur, de flou considérable. Comment est « travaillé » ce déclaratif ? Comment des énoncés sont-ils transformés en « vérité » ou en énoncés recevables et d'autres non ? Par ailleurs, le déclenchement de la conversion hystérique renvoie à la question de la potentialité psychique et de la vulnérabilité. Jusqu'où peut aller un clinicien dans sa compréhension d'une potentialité psychique ? Quelle est sa pertinence dans une prédiction ou une explication après-coup, destinée dans le champ judiciaire ?

 

  Sophie de Mijolla-Mellor



Mars 2019


N° 145 L’ART ET LE POUVOIR

Date limite de réception des textes 15 novembre 2018, parution 15 mars 2019


Les livres jetés au bucher dans l’Allemagne nazie, les Bouddhas fracassés en Afghanistan, le saccage de Palmyre en Syrie s’argumentant, en autres, de la condamnation des joies impures de la musique, montrent que l’art et la culture peuvent être jugés suffisamment dangereux et insupportables pour qu’il faille les détruire. Cet hommage involontaire rendu à la puissance des plaisirs sublimés pose la question de l’équilibre des forces en présence lorsqu’à la haine fanatique s’opposent l’émotion musicale, le pouvoir du Beau ou celui de la pensée. Est-ce que le développement culturel de l’espèce humaine réussira à lui permettre de maîtriser la perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement, question que Freud (1930a) considérait comme décisive pour son destin ? La destruction fanatique porte en elle la rage amère et envieuse qui décrète comme diabolique ce qu’elle ne peut dominer mais, même brisé, l’Art demeure et renaît dans ses éclats. Ce numéro de Topique comprendra aussi une réflexion sur l’Art et le Pouvoir, notamment la manière dont le second peut tenter d’être soutenu par le premier voire de l’enrégimenter. On envisagera de même les relations de pouvoir qui se jouent au sein même de la production artistique, l’organisant ou la freinant selon les cas.



Sophie de Mijolla-Mellor