À couper le souffle ; écouter l’inexprimable avec Reik


in RELIRE THEODOR REIK  N° 139

Auteur : Claire Gillie

Résumé

Il va s’agir ici d’interroger l’art et la manière de l’analyste de se mettre à l’écoute de l’inexprimable qui nous renvoie à la dimension du Dire de l’analysant. Se laisser enseigner par Reik, c’est percevoir dans les limbes de la parole articulée, une sorte d’alexithymie de structure qui git dans le coeur aphone de la parole, et se matérialise souvent par le silence. Façon pour l’analysant de s’essouffler dans la chaîne associative, et à bout de souffle, d’en couper les maillons. Dans le transfert, ce surgissement silencieux de l’inexprimable est bien celui de la sidération criante d’une vérité qui ne sait encore advenir à la parole. prise dans le halètement du souffle, bégayant d’un pas syllabique à l’autre, la voix tente de redonner corps et expression à la parole structurellement tentée par le silence de la mort.


Mots-clés : Souffle – Écoute – Voix – pulsion invocante – Corps – Dire – Silence – Inexprimable – objet a.


Summary

This paper addresses the question of how the analyst listens to the inexpressible and therefore to the dimension of Saying in the analysand. Reik teaches us that we can indeed perceive the threshold of articulate speech, a sort of structural alexithymia lurking at its voiceless heart and which is often expressed through silence - a means for the analysand to exhaust the chain of associations, and breathlessly sever its links. In transference, the silent emergence of the inexpressible is also that of the stunned shock of a truth, screaming inaudibly, not as yet expressible in words. Struggling for breath, stumbling from syllable to syllable, the voice endeavours to give body to words structurally attracted by the silence of death.


Key-words : Breath – Listening – Voice – Drive to Invoke – Body – Saying – Silence – Inexpressible – object a.