Adonis ou la réminiscence du corps → Réminiscence du corps et entretien avec Adonis


in L’ACTE POÉTIQUE N° 109

Auteur : Houria Abdelouahed

Résumé

Parlant d’un souvenir du corps, l’analyste, à l’instar du poète, rompt avec l’ascétisme platonicien (qui définit le corps comme un simple tombeau de l’âme) et institue le corps comme un lieu du savoir. La réminiscence devient pouvoir du corps de dire et d’exprimer la chose sexuelle. Le corps, qui est pris dans les rets des signifiants, est traversé par le désir inconscient et les mouvements pulsionnels. En outre, taillant dans la matière langagière, l’analyste laisse surgir à son insu dans un instant de dessaisissement une parole tranchante, incisive. À ce moment, il devient proche du poète. L’un et l’autre, explorent la croyance animiste et l’inquiétante étrangeté du langage.

 

Mots-clés: Le corps – Le sexuel – La matière verbale – L’inquiétante étrangeté – Déssaisissement – Croyance animiste.


Summary

When an analyst addresses the question of a memory inscribed in the body, then, just like the poet, he or she breaks away from Platonic asceticism (which posits the body as a simple tomb in which the soul resides) and establishes the body as a place instilled with knowledge. Such reminiscences are ways for the body to voice and elaborate on things of an inherently sexual nature. The body, caught up in the nets of signification, is permeated by unconscious desire and drives. Moreover, in cutting into the matter of language itself, the analyst may unwillingly, in a moment of relinquishment, utter an incisive and insightful word. At this moment, he or she is almost as much of a poet than an analyst, for both explore animist beliefs and the uncanny nature of language.