Comme un chien dans un cimetière ou les raisons d’un amour


in L’ANIMAL DE COMPAGNIE N° 142

Auteur : Fabienne-Charlotte Leleux

Résumé


L’opinion courante admet difficilement que la mort et le deuil d’un animal de compagnie puissent être vécus avec autant d’intensité que celle d’un être humain proche. Si le deuil d’un animal n’a pas sa place en société, force est de constater que le deuil, en général, se voit banalisé dans le social, à l’exception des cimetières pour animaux. À la culture, dite populaire, de ces nécropoles (épitaphes, ornements funéraires) font écho les correspondances et écrits de Sigmund Freud, de Sidonie Csillag, d’Anna Freud et de Marie Bonaparte. L’auteure soutient ici l’hypothèse que le discours sur l’animal, tel qu’il est tenu par ces différents protagonistes, mobilise des figures archaïques, plus ambivalentes qu’il n’y paraît.

 

Mots-clés: Deuil, Chien, Cimetière, Rite, Épitaphe, Amour, Ambivalence, Sigmund et Anna Freud, Sidonie Csillag, Marie Bonaparte


Summary


Like a Dog in a Graveyard…

Current opinion rarely accepts that the death or a pet and the associated grieving should be put on a par with the intensity of emotion aroused by the loss of a close human being. While grieving for an animal has no place in society, we might also note that grieving in general is very much belittled in the social sphere, except for in graveyards specifically designed for animals. The so-called popular culture associated with these necropolises (epitaphs, funeral ornaments) is reflected in the letters and writing of Sigmund Freud, Sidonie Csillag, Anna Freud and Marie Bonaparte. The author of this paper defends the idea that our discourse on animals, as formulated by these different protagonists, calls archaic figures into play which are more ambivalent than at first meets the eye.

 

Key-words: Greif, Dog, Graveyard, Rite, Epitaph, Love, Ambivalence, Sigmund and Anna Freud, Sidonie Csillag, Marie Bonaparte