Le cas Gould


in L’ACTE POÉTIQUE N° 109

Auteur : André Hirt

Résumé

Qu’arrive-t-il au juste lorsqu’on écoute Gould? Loin d’entendre une interprétation arbitraire ou contingente, une telle écoute fait accéder à une reconstruction de l’œuvre à partir de cohérence et de sa propre rationalité. En ce sens se rouvrent non seulement l’œuvre, mais aussi l’existence, et encore les possibles de l’humanité. Cette fonction de réouverture est prise en charge par la technique dont la nature est d’optimiser. À cet égard, l’arbitraire et la contingence, c’est le concert. Le sens vrai de l’extase de Gould ne réside pas dans un état, mais dans l’enthousiasme de voies et de voix nouvelles qu’annonce déjà le chantonnement. Avec Gould, la plus extrême singularité du cas touche à la nécessité et à l’universalité.

 

Mots-clés: Goud – Arbitraire – Bernstein (Léonard) Cas – Chantonnement – Concert – Contingence – Evenement – Extase – Interprétation – Joie – Kant – Ouvert – Raison – Surprise – Technique.


Summary

What exactly is happening when one listens to Glenn Gould play ? Far from being an arbitrary interpretation rooted in contingency, his performances allow the listener to reconstruct their understanding of the work in the light of its own coherence and rationality. Not only the work itself is thereby reopened but also an expression of the existence of humanity and our future possibles. This reopening process is made way for by the pianist’s technique, in turn allowing him to optimise his interpretation. It is the concert then which brings an arbitrary, random dimension. The true meaning of Gould’s ecstasy does not reside in his mental state but in the enthusiasm expressed by the new voices and articulations prefigured in his humming. The extreme singularity of Gould’s case is intimately linked to necessity and universality.