Réflexions autour de certains détournements du langage


in CONFORMISME ET CONSERVATISME N° 136

Auteur : Yaelle Sibony-Malpertu

Résumé

Cet article part de l’impossibilité de la culture à éviter de produire ou d’être vulnérable au fanatisme. Il décrit certaines failles de notre société dans lesquelles ce dernier peut s’engouffrer, à commencer par ce que Hannah Arendt nomme le « refus de juger », souvent confondu avec une position d’ouverture à l’autre. Il approfondit ensuite à différents niveaux les détournements et torsions opérés par un usage pervers du langage. Ces derniers attaquent la liberté de pensée d’un individu et insinue dans son esprit des termes qui induisent une conformité à une certaine censure totalitaire. Enfin, il rappelle que la psychanalyse, tout comme elle est régulièrement confrontée aux mécanismes pervers, peut se saisir de certains repères cliniques pour aider à réagir à cette utilisation totalitaire du langage.


Mots-clés : Conformisme – Détournement du langage – Fanatisme – Fascination – (refus de) Juger – Mécanisme pervers.


Summary

This article takes as its starting point the inability of culture to avoid either producing or making itself vulnerable to fanaticism. It describes those points of vulnerability in our society which allow fanaticism to thrive, beginning with what Hannah Arendt referred to as the ‘refusal to judge’, often mistaken as a position of ‘openness’ towards others. We will then go on to discuss various levels of misappropriation and distortions of meaning operated by the perverse use of language. The latter attack the freedom of thought of an individual and slyly introduce words into his mind leading them to act in conformity with totalitarian censorship. Finally, this paper reminds the reader that psychoanalysis is regularly confronted with perverse mechanisms and is able to use clinical markers as a means of reacting to this totalitarian use of language.


Key-words : Conformism – Misuse of language – Fanaticism – Fascination – (Refusal to) Judge – Perverse mechanism.