Un cas de famillicide: crime et psychose


in DONNER LA MORT N° 138

Auteur : François-David Camps

Résumé

Cet article étudie les liens entre crime et psychose. À partir de l’étude du cas clinique d’un homme atteint de schizophrénie ayant tué toute sa famille, l’article tente de mettre en lumière les diverses interprétations de l’acte meurtrier tout en les liant aux impasses de l’histoire subjective de cet homme. Il distingue l’uxoricide de l’infanticide par les mobiles inconscients sous-jacents à chacun des meurtres. L’article postule que ce crime familial est le produit d’une absence d’inscription de la filiation chez le sujet et un recours face à l’angoisse de perte. Il distingue plusieurs logiques inconscientes à ce crime familial : celle d’un matricide imaginaire dans le meurtre de l’épouse et celle d’une solution mélancolique et cannibalique au meurtre des enfants.


Mots-clés : Crime – Famillicide – Schizophrénie – Perte – Filiation – Mélancolie.


Summary

This paper examines the bonds between murder and psychosis and takes as its starting point the clinical case of a man suffering from schizophrenia who murdered his whole family. The author attempts to shed light on varying interpretations of this murder by connecting them to dead ends encountered in the man’s subjective history, establishing a distinction between uxoricide and infanticide in light of the unconscious motives underpinning these two forms of murder. The paper posits that murdering family members results from a lack of filiation in the human subject and is a means of defence against the anguish of loss. He differentiates between several unconscious rationales at work in this case – imaginary matricide in the murder of the wife and a melancholic and cannibalistic solution in that of the children.


Key-words : Crime – Familicide – Schizophrenia – Loss – Filiation – Melancholy.