L'AUTOCHTONIE



Numéro 114
ISBN : 978-2-84795-204-9
186 pages
Date de parution : Mars 2011
21.00 €

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Éditorial

L’acte de prise de possession de la terre constitue, au regard de la philosophie politique depuis les Grecs, l’imposition d’un ordre qui va valoir comme loi et définir une nomenclature tant des pays à l’intérieur de leur frontières que des familles liées à leurs terres.

C’est dans ce cadre que l’individu vient au monde, à l’intérieur de données qui lui préexistent et dont il s’imprègne lorsqu’elles se diffusent subtilement en lui dès sa naissance avec les sensations issues de son environnement spécifique, les coutumes qui vont l’entourer et régir son éducation et plus fondamentalement encore la langue dite maternelle. Ultérieurement il apprendra à connaître, lorsqu’elles lui seront enseignées, l’histoire et la culture de son pays, de sa région, voire de sa famille. L’identité nationale apparaît donc à la fois donnée par les sens et inculquée par les aînés comme une valeur à transmettre et on peut penser que les deux processus s’ils n’opéraient pas conjointement seraient inefficaces.

Mais qui peut se dire «autochtone» et quelles implications en découlent vis-à-vis de la notion d’ «identité nationale»?

L’autochtonie, concept inventé dans l’Athènes classique, a été largement étudiée par les historiens et les anthropologues de la cité grecque. Pour l’ethnologie et l’anthropologie, l’autochtonie rejoint une réflexion portée par l’ensemble des sociétés humaines, à travers leurs visions du monde et leurs performances rituelles. En retour, elles y retrouvent une légitimité territoriale par le biais de configurations politiques souples, locales ou multicentrées.

Ce numéro de Topique, international et pluridisciplinaire, se propose, à partir de la confrontation et l’échange de points de vue issus des sciences humaines et sociales, d’inscrire cette réflexion au cœur même du politique.

Les crises et mutations actuelles, repérées à travers les discours sur les identités nationales en lien à la terre, seront interrogées.

Sophie de Mijolla-Mellor


Sommaire du numéro



• La terre n’est pas le sol. Pour une fondation du politique
Sydney Levy

• Virtualité et réalité de l'identité française
Jacques Perget

• Le montage des autochtonies. Translocalisation de la Terre Mère dans le New Âge amérindien
Jacques Galinier

• Le mythe d’autochtonie chez Hésiode et Platon
Jean-François Mattei

• La stabilité dans l’ouverture comme sublimation
Sophie de Mijolla-Mellor

• Gouvernabilité, force et sublimation. Freud et la philosophie politique
Joël Birman

• Autochtonies plurielles: nous sommes tous les fils du Sol et de la Mère Inde
Jackie Assayag

• Immigration, islam, «identité nationale»: vieux débats, vieux démons
Olivier Le Cour Grandmaison

• Le récit du réfugié est-il une fiction ?
Hélène Isnard

• De l’autochtonie à la citoyenneté : vers une construction psychique de la citoyenneté
Ségolène Payan

• Mélange des genres
Laurence Kahn

• Figures de l’emprise. Propagande et fanatisme
Philippe Bessoles

• Propagande et psychanalyse
Qi Jia Shi

• Chthoniè : Le maternel qui fait demeure
Dominique Reniers
, Carole Pinel